Spotlight : des journalistes au service de la justice.

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Quand des journalistes font le travail de la justice, cela donne des investigations où la quête de vérité est plus forte que les parties en présence. Tom McCarthy nous livre ici un film bouleversant et criant de réalisme dans lesquels les acteurs sont justes et bouleversants à la fois.

Spotlight est une équipe de journalistes-enquêteurs du quotidien « The Boston Globe », spécialisée dans l’investigation d’affaires sensibles. Alors que l’équipe travaille sur les statistiques de la police de Boston, un nouveau rédacteur en chef est nommé, Marty Baron. Spotlight choisit ellemême ses sujets et peut enquêter pendant plus d’un an, avec une grande latitude de mouvement. Cette équipe, à la demande de son nouveau rédacteur en chef, va creuser une rumeur selon laquelle le cardinal de Boston aurait été au courant d’une affaire de pédophilie qui concerne un de ses prêtres…

Dans ce film, au casting de prestigieux, on retrouve Mark Rufallo (Shutter Island), Michael Keaton (Birdman), Rachel Macadams (True Détective) ou encore Liev Shrieber (Ray Donovan) pour ne citer qu’eux. Chaque acteur est juste dans son rôle, à l’instar de, Mark Ruffalo qui est bluffant est nous donne littéralement la chair de poule. Il est bien plus qu’un simple scientifique qui se transforme en monstre vert quand il est en colère dans la franchise « Avengers ».

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Mark Rufallo et Walter Robinson, le journaliste de « The Boston Globe ».

C’est la première fois de ma vie que je vois une salle de cinéma rester aussi silencieuse à la fin d’un long métrage. Le choc était tel que nous sommes tous restés tétanisés pendant le défilement du générique de fin avant de pouvoir bouger. Quand les spectateurs ont commencés à se lever, tout le monde est sorti en silence ; ce n’est qu’une fois dehors que les spectateurs sont sortis de leurs torpeurs et ont commencés à discuter et donner leur avis sur le film. 

On ne peut que s’interroger sur ces faits : comment de telles atrocités ont pu être commises sans que personne ne réagisse ? Dans ce film la question n’est pas de savoir si la population était au courant, au vu du nombre de victimes (au bas mot 250 victimes) laisse peu de place à l’hypothèse de l’ignorance générale.

La question est de savoir comment de tels agissements ont pu être couverts par un pouvoir religieux dont il apparaît clairement qu’il est pourri de l’intérieur. N’importe quel être humain censé ne peut se poser qu’une seule question : comment peut-on couvrir de tels agissements et laisser des monstres (il n’y a pas d’autres mots), détruire des êtres innocents, en l’occurrence des enfants.   

Ce film permet de nous interroger sur un autre sujet essentiel : avec aujourd’hui des réseaux sociaux qui font que chaque être humain de la planète est un potentiel journaliste et peut rapporter des faits, avons-nous alors encore besoin de journaliste ? La réponse est plus complexe et chaque pays à sa manière de traiter le sujet ou dirons-nous l’information. Nous avons en France un cruel manque de journalistes d’investigations qui ont la capacité de sortir des affaires d’une telle envergure. Pourquoi ?

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Le casting et les Journalistes de « The Boston Globe ».

Nous sommes passé d’un ministère de l’information (jusqu’au début des années 70), L’ORTF qui filtrait l’information sur ordre du pouvoir politique, à des groupes financiers qui tiennent la plupart des médias en France d’où le manque d’indépendance chez nos journalistes. Ce qui fait qu’aujourd’hui, quoi qu’en pense certains, l’information en France est muselée. Ce qui au final, contrairement notamment au pays anglo-saxons « USA, Grande-Bretagne » fait que la parole informative en France n’est toujours pas aussi libre qu’on veut bien nous le faire croire. Un exemple de soumission de nos journalistes : l’affaire Canal +. Cette chaîne considérée par beaucoup comme le berceau de l’impertinence, de la liberté de ton, a été racheté par le groupe Bolloré. Celui-ci qui a bien fait comprendre à ses nouveaux collaborateurs que ce temps était bien révolu et qu’il fallait marcher au pas.

Aujourd’hui internet casse cette barrière à l’accès à l’information. Nous pouvons donc constater que même dans les pires dictatures, l’information arrive malgré tout au citoyen. Aujourd’hui chacun à la capacité et le devoir de s’informer, nous sommes notre propre média. 

Un article de l’Obs sur le refus de certaines enquêtes par la Direction de Canal +

Une possible affaire de pédophilie étouffée dans le diocèse de Lyon

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